L’obsolescence programmée des appareils High-tech à la maison

Téléphone, téléviseurs, machine à laver, imprimante, ordinateur, la maison est remplie d’appareils high-tech dont on ne saurait se passer aujourd’hui. En dehors des effets de mode, il y a eu la Xbox Kinect très vite dépassée par la Wii et la Wii Fit, les appareils sont tous programmés pour tomber en panne à un moment donné, indépendamment d’un problème technique ou de l’usure. Lumière sur le phénomène de l’obsolescence programmée.

Qu’est-ce que de l’obsolescence programmée ?

L’obsolescence programmée peut être définie comme la programmation volontaire d’une durée de vie limitée pour un produit. Il s’agit donc d’introduire une faille dans un produit qui se transformera en panne à un moment précis après un certain temps d’utilisation.

La manipulation est simple : il s’agit d’entretenir le cycle de la consommation de masse. Que fait-on quand un produit rend l’âme ? On en rachète un neuf, un qui est plus performant, plus puissant, généralement plus cher « parce qu’un produit récent vaut bien ça ».

Une maison est pleine de produits High-tech programmés pour casser ou tomber en panne à un moment donné. Si vous repensez à votre imprimante ou à votre télévision qu’il vous a fallu changer, ne cherchez pas, il s’agissait bien d’obsolescence programmée.

Les différents types d’obsolescence programmée à la maison

L’appareil irréparable

C’est ce qui se passe quand une pièce maîtresse ne peut être changée et rend l’utilisation du produit impossible. L’appareil est bon à jeter comme le réveil Philips simulateur d’aube dont la lampe ne peut être remplacée.

L’incompatibilité

Un modèle est trop vieux pour supporter une mise à jour ou la nouvelle génération d’appareil n’accepte plus les mêmes accessoires, comme c’est le cas pour l’IPhone 5 qui a une nouvelle prise femelle.

Les pièces détachées introuvables

Quand on parvient à identifier la panne, un réflexe d’écologiste sans être puriste peut être de chercher à réparer son produit. Les fabricants ont tout prévu : certaines pièces sont tout simplement absentes du marché, l’appareil ne pouvant être réparé, il doit être jeté et remplacé.

La course à l’innovation

Dans 40 à 50% des cas, les appareils sont remplacés alors qu’ils sont encore en état de fonctionner, d’après un sondage TNS Sofres/Gifam de 2011. Avec les avancées technologiques, un appareil offre toujours plus de fonctionnalités par rapport à son prédécesseur. Un micro-ondes programmable vaut plus qu’un micro-ondes classique. De même, le marché de la téléphonie repose sur l’innovation, les Smartphones rivalisent de gadgets toujours plus originaux pour susciter l’envie et faire passer le consommateur à l’achat. Sauf panne, un français change en moyenne son téléphone tous les 18 mois.

L’effet jetable

La mode fonctionne sur ce principe, si une femme achète en moyenne 30 kilos de vêtements par an, elle le fait car la mode change tout le temps et que les magasins produisent massivement des collections à un rythme effréné. Bien sûr, le libre arbitre est toujours maître du portefeuille mais la publicité, les tendances et les stars entretiennent ce roulement excessif. Des enseignes très peu chères comme Primark misent tout sur l’utilisation unique en proposant des vêtements pour une seule occasion.

La qualité victime du profit

Les fabricants réduisent les coûts de production, les produits sont moins résistants et faits avec des matières premières bas de gamme. A ce titre, 8 lave-linges sur 10 ont une cuve en plastique et cassent plus vite qu’une cuve en inox. En règle générale, ce qui est peu cher ne dure pas longtemps, mais certaines grandes marques visant elles aussi à une réduction des dépenses ne se gênent plus pour faire du low cost.

Quels sont les objets les plus vulnérables ou sensibles à l’obsolescence programmée ?

Une machine à laver aurait une durée de vie de 2 500 cycles de lavages maximum.

Les téléviseurs seraient programmés pour avoir 20 000 heures d’utilisation. En outre, dans les écrans plats, le condensateur qui est sensible chaleur est le plus souvent placé à côté des dissipateurs sur la carte d’alimentation. Cette mise en place entraine une réduction de durée de vie dans le condensateur.

Du côté des imprimantes, un compteur aurait pour fonction de stopper net le fonctionnement de l’appareil à partir d’un certain nombre de copies. Heureusement, plusieurs tutoriels existent sur le web pour expliquer où trouver et comment installer un programme qui permet de remettre ce compteur à zéro et de continuer à utiliser l’appareil. Concernant les alertes sur les cartouches d’encre, elles se déclenchent bien trop tôt, il est conseillé d’attendre au maximum avant de les changer.

L’obsolescence programmée antithétique avec une démarche écologique

Le discours des fabricants se veut ancré dans le développement durable, le respect des ressources naturelles et humaines, et la réduction de l’emprunte écologique. En réalité, il n’en est rien, l’environnement pâtit du couple surproduction-surconsommation.

Pour prendre toute la mesure du grand écart entre les belles paroles et la réalité, il suffit de lister les actions qui portent préjudice à la planète :

  • La quantité astronomique de déchets que représentent les emballages
  • Les supports de communication qui finissent à la poubelle pour promouvoir la marque et les nouveaux produits
  • La création de nouveaux besoins par la publicité
  • La production dans le tiers monde qui entraîne l’utilisation massive des transports de longue durée
  • L’obsolescence programmée qui pousse à jeter et acheter

Contre l’obsolescence programmée des produits High-tech de la maison, les ménages ont une marge de manœuvre faible. Si le bricolage et la mise à jour peuvent marcher dans certains cas, ils sont bien souvent démunis et ne peuvent contrecarrer la nécessité d’acheter un nouvel appareil. Ne faudrait-il pas revenir aux appareils d’antan ?