E-liquide de cigarette électronique Vs. Tabac : quel est le plus nocif ?

Depuis son invention par un pharmacien chinois au début des années 2000, la cigarette électronique a navigué en eaux troubles, jonglant avec les polémiques, les études scientifiques aux résultats contradictoires et des réglementations plus ou moins strictes selon les pays. Quoi qu’il en soit, le fait est que les dispositifs de vapotage ont permis à 700 000 Français de vaincre leur addiction au tabac, selon les chiffres de Santé publique France. Dans cet article, nous vous proposons une petite comparaison de nocivité : qui de l’e-liquide ou du tabac affiche la composition chimique la plus inquiétante ?

La cigarette à tabac : au-delà de la nicotine…

Certes, la nicotine est la substance responsable de la forte addiction qui caractérise le tabagisme et qui complique le sevrage. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la nicotine est loin d’être la substance la plus nocive de la cigarette. En effet, la combustion du tabac libère plusieurs milliers de substances chimiques toxiques et/ou cancérigènes qui nuisent à la santé du fumeur, à court comme à long terme. Selon le Comité nationale contre le tabagisme (CNCT), la combustion du tabac produit certaines formes de goudron, des gaz toxiques comme le monoxyde de carbone et de nombreux métaux lourds comme le cadmium, le mercure et le plomb. « Au total, la fumée de cigarette recèle jusqu’à 4 000 composants chimiques, dont au moins 50 sont cancérigènes », explique le CNCT.

Il faut également noter que la composition chimique du tabac dépend du mode de culture du tabac, avec l’utilisation plus ou moins massive de pesticides et de produits radioactifs. En effet, deux paquets de cigarettes, qu’ils soient de la même marque ou pas, peuvent présenter des compositions chimiques différentes en fonction des conditions dans lesquelles les plants ont poussé. Rappelons également que de nombreuses substances chimiques sont ajoutées pendant le processus de transformation, notamment l’ammoniac qui favorise la fixation de la nicotine pour maximiser l’addiction des fumeurs. Enfin, et comme l’explique le CNCT dans son alerte, « certains plants de tabac sont génétiquement modifiés afin de rendre la nicotine plus ‘efficace’ et les fumeurs plus ‘accros’ ».

Pour ce qui est du risque cancérigène, l’étude la plus aboutie est celle de la Cancer Society of New Zealand. Elle classe les composants chimiques cancérigènes en trois catégories :

  • Les substances que l’on retrouve dans le filtre : monoxyde de carbone, DDT, goudrons et chlorure de vinyle ;
  • Les substances que l’on retrouve dans le « corps » de la cigarette sans combustion : phénol, butane, cadmium, nicotine, dibenzacridine, arsenic, pyrène, naphtylamine, uréthane…
  • Les substances issues de la combustion du tabac : acide cyanhydrique, acétaldéhyde, toluidine, acétone, ammoniac.

Parmi ces substances, on retrouve des carburants, des éléments radioactifs, des composants que l’on retrouve dans le plastique et les batteries, un dissolvant, un détergent, un poison violent, un solvant industriel et… un acide qui a été employé dans les chambres à gaz (acide cyanhydrique).

Quid de la composition chimique du e-liquide ?

Les e-liquides qui alimentent les cigarettes électroniques contiennent presque tous une dose de nicotine comparable à celle de la cigarette classique. Il existe bien des e-liquides sans nicotine (dits « 0 % »), mais ils n’ont aucune utilité dans le sevrage tabagique. Avant d’aller plus loin, signalons que la liste exacte des substances chimiques qui résultent du chauffage (et non de la combustion) du e-liquide n’est pas encore connue avec exactitude. En revanche, les premières études sont très encourageantes. Ainsi, dans une publication officielle, Public Health England (PHE), organisme sanitaire rattaché au ministère britannique de la Santé (équivalent de Santé publique France), estime que la cigarette électronique serait « 95 % moins nocive que la cigarette à tabac » au regard de sa composition chimique.

De son côté, le docteur Michael Blaha, directeur de la recherche clinique au Centre de Prévention des maladies cardiaques Johns Hopkins Ciccarone, estime que « si l’on ne connaît pas encore exactement les substances dégagées par le vapotage, il ne fait quasiment aucun doute que ce dernier expose l’utilisateur à moins de composants toxiques en comparaison avec le tabac ». Cette hypothèse rejoint la position de l’Académie française de médecine, qui estime que l’utilisation de la cigarette électronique est un « moindre mal » dans le cadre du sevrage tabagique. Les e-liquides existent en de nombreuses déclinaisons et goûts, et certaines saveurs sont plus nocives que d’autres. Les tabacologues conseillent d’éviter la cannelle et le menthol. Bien entendu, l’utilisation de la cigarette électronique dans un cadre récréatif est fortement déconseillée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *