Quel avenir pour la carte postale ?

Les premières apparitions de la carte postale en France remontent à la fin du XIXème siècle, à partir des années 1870. Rafraîchissante alternative au courrier épistolaire, elle s’impose rapidement notamment dans les milieux aisés, qui ont l’opportunité de voyager.

L’âge d’or de la carte postale

Elle n’a cessé depuis lors de connaître des transformations, divisée notamment en deux au recto en 1904, marquant ainsi la possibilité pour les éditeurs de consacrer l’intégralité du verso à la photographie. Ce phénomène s’accompagne d’un véritable boum de la diffusion photographique, bénéficiant de fait aux professionnels de la pellicule qui utilisent les lieux touristiques pour vivre de leur travail.

Pendant la Première Guerre Mondiale, les soldats sont encouragés à communiquer avec leurs proches par le biais de la carte postale par la hiérarchie, celle-ci utilisant l’imagerie pour alimenter la propagande militaire.

Carte postale 1ere guerre mondiale

Cette période d’apogée s’achève à partir de l’entre-deux-guerres, où les éditeurs de carte postale s’inscrivent davantage dans une logique de rentabilité et réduisent la qualité de production. Il s’agit d’en faire plus à moindre coût, procédé qui passe notamment par l’augmentation radicale d’une diffusion photographique plus générique : les paysages sont préférés aux scènes typées, la vue d’ensemble remplace le regard de proximité et elle a désormais moins de caractère, est moins caractéristique. Depuis, le téléphone, l’e-mail et même le minitel sont passés par là.

La carte postale 2.0

Avec tout cela, on pourrait penser que l’ère de la carte postale est désormais révolue, que la carte postale elle-même appartient à l’Histoire et qu’elle n’est désormais plus utilisée que par une poignée d’adeptes attachés à ce mode de communication. Que ce ne sont pas les nouvelles idées des éditeurs, notamment l’apparition au verso des cartes, ces trente dernières années, des caricatures et de l’humour à la place des paysages, que la carte postale va retrouver son âge d’or.

D’aucuns diraient que c’est sans compter sur internet et l’essor du numérique. Tout le monde le sait, il est tout à fait possible de créer sa propre carte postale à travers les sites qui pullulent sur la toile, ou en utilisant les logiciels adéquats. Cette nouvelle forme immatérielle s’est inscrite dans une mouvance de dématérialisation globale de tous les supports, faisant davantage du média le simple moyen de transmettre nos messages, qu’une partie intégrante du message en question.

La possibilité de créer et de composer soi-même les éléments de la carte postale aura brièvement séduit une tranche de la population : devenir son propre éditeur constituait l’idée forte du concept de l’e-carte postale. Elle permet dès lors de miser sur la créativité de celui qui la confectionne et de lui accorder le bénéfice de personnaliser son message. Mais ce sursaut ne sera toutefois pas parvenu à rétablir l’usage qui en était fait au début du XXème siècle.

Il existe également un autre moyen de réaliser ses propres cartes postales. Mêlant l’usage d’internet, la personnalisation du message et l’aspect matériel du courrier, il pourrait bien refaire de celles-ci une nouvelle mode. Les Vistaprint, postcrossing, popcarte, fizzer et timbreos pullulent sur le web, et mettent à disposition des clients les outils nécessaires à la création de véritables cartes postales, proposant souvent de les expédier eux-mêmes aux destinataires.

e-Carte postale Fizzer

La carte postale devient même un moyen de s’investir à son échelle dans l’aide humanitaire avec le même procédé offert par l’Unicef, qui réhabilite la carte matérielle tout en rétribuant les bénéfices à ses œuvres caritatives. La Poste elle-même aura fini par développer une application mobile qui permet de réaliser au choix, une e-carte postale ou un modèle imprimé. Comme une ultime étape de la transformation de la carte postale, qui trouve désormais sa place dans la poche. Mais l’on pourrait se demander si tout cela est amené à durer sur le long terme.
A l’heure où il est tellement plus facile de prendre soi-même une photo sur son smartphone et de la poster directement sur les réseaux sociaux, l’idée d’une application semble destinée qu’à n’intéresser celles et ceux qui considèrent encore aujourd’hui la carte postale comme le seul moyen de partager des souvenirs de vacances avec ses proches.

 

 

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