Un bon bouche à oreille pour l’auriculothérapie

Peu connue encore, l’auriculothérapie appartient à ce domaine qu’on appelle poliment médecine douce, parallèle ou non-conventionnelle. Elle consiste à stimuler des points précis dans et autour de l’oreille dans le but de soulager des douleurs, de diminuer l’anxiété ou de soigner addictions et troubles variés. Autant de raisons pour dire : l’auriculothérapie, c’est ouïe !

Qu’entend-on par auriculothérapie ?

L’auriculothérapie – le terme « auriculaire » désignant, outre le petit doigt de la main, tout ce qui a rapport avec l’oreille – appartient à la famille des techniques parallèles à l’acupuncture, dont font partie l’acupressure, la réflexologie et la psycho bio acupressure. Elle utilise également le principe des méridiens, de l’organisme comme réseau électrique et du rééquilibrage énergétique.

L’idée qui préside à l’auriculothérapie, c’est que l’oreille s’apparente à un fœtus inversé ; ainsi, elle représente une sorte de cartographie de l’ensemble de l’organisme dont les différents points renvoient à des organes ou des viscères. Ces points de pression sont stimulés par des aiguilles ou par le froid, agissant directement sur la douleur ou les troubles pour lesquels le patient vient consulter.

Ne faites pas la sourde oreille face à la douleur

À l’instar de l’acupuncture, l’auriculothérapie plonge ses racines dans la médecine traditionnelle chinoise en ce qu’elle s’appuie sur le fait de toucher des points précis. Mais c’est un Français, le docteur Paul Nogier, qui l’a redécouverte dans les années 50. En utilisant son propre corps comme banc d’essai, il a enregistré chaque point de l’oreille correspondant à chaque douleur.

Si notre organisme fonctionne comme un réseau électrique, dont l’origine et la finalité auraient pour siège le cerveau, alors l’oreille se trouve dans une position stratégique : au niveau du tronc cérébral, voie d’aiguillage de toutes les informations qui circulent dans notre corps. Les messages, qui montent et descendent comme dans des tubes, s’affichent sur l’oreille au cours de leur trajet.

Nogier a ainsi dressé une cartographie du pavillon de l’oreille et déterminé une quarantaine de points de pression. Deux décennies plus tard, des chercheurs chinois ont poursuivi sa quête et ajouté quelques 100 points supplémentaires de passage. Parmi les messages qui circulent dans notre corps : ceux de la douleur, le nerf de la guerre de l’auriculothérapie.

Un bon bouche à oreille pour l’auriculothérapie 2

Contre les sceptiques et les durs d’oreille

Car l’auriculothérapie a un but thérapeutique. Elle vise à soulager les douleurs et réduire les manifestations du stress. Cette technique est particulièrement indiquée pour :

  • Soulager des douleurs aiguës ou chroniques
  • Calmer des allergies
  • Aider au traitement des dépendances (drogue, alcool, tabac)
  • Réduire l’impact de l’anxiété
  • Combattre les troubles du sommeil
  • Accompagner un désir de perdre du poids ou de réguler son appétit

Pour cela, le thérapeute utilise, au cours d’une séance, un détecteur qui enregistre les différences de potentiel au niveau de l’oreille – comme pour un circuit électrique. Cet appareil révèle quel point précis correspond au territoire de la douleur désigné par le patient.

Il faut ensuite piquer ce point à l’aide d’une aiguille ou d’un clou, ou bien injecter de l’azote liquide, afin d’exciter la zone réflexe qui va mettre en route le contrôleur inhibiteur de la douleur dans la zone concernée. L’auriculothérapie nous permet de redécouvrir comment activer ce contrôle inhibiteur, qui est ancré en nous, mais dont nous ignorons le fonctionnement.

Un bon bouche à oreille pour l’auriculothérapie 3

Qui peut pratiquer l’auriculothérapie ?

Dans la mesure où il n’existe pas de réglementation autour du métier, n’importe quel praticien peut vous proposer des séances d’auriculothérapie, notamment les spécialistes de médecine douce. Néanmoins, le traitement, s’il est mal conduit, peut éveiller d’autres troubles sans soulager les douleurs de base.

Il est donc préférable de s’adresser en priorité à un médecin-acupuncteur, quelqu’un qui maîtrise déjà les principes du rééquilibrage énergétique via les points de pression. Le thérapeute pourra vous proposer, selon la nature et l’intensité des douleurs ou des troubles, d’utiliser différentes techniques :

  • Des aiguilles (comme pour l’acupuncture) ;
  • Des aiguilles semi-permanentes (qu’on laisse en place entre 1 à 2 semaines) ;
  • Des aimants (pour la stimulation électromagnétique) ;
  • Des injections d’azote liquide (sensation de froid) ;
  • Des massages.

Il faut, néanmoins, faire attention à deux choses. D’abord, l’auriculothérapie peut être mal tolérée chez les femmes enceintes, les personnes âgées et fragiles, les patients atteints de maladies auto-immunes ou les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques. Dans chacun de ces cas, d’autres médecines douces peuvent être recommandées.

Ensuite et surtout, il faut savoir que cette technique fonctionne d’autant mieux que la douleur est récente et que le patient ne consomme pas trop de médicaments. Ceux-ci ont tendance à inhiber nos capacités à répondre à la douleur, et à réduire de fait l’impact des point de pression.

En somme, l’auriculothérapie, c’est très bien, mais en première intention plutôt qu’en dernier recours. Bien conduite, elle contribuera certainement à vous rendre le sourire… jusqu’aux oreilles.

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