Que penser des écoles de commerce ?

Depuis une décennie, les écoles supérieures privées fleurissent en France, en Europe et dans le monde entier. La France a longtemps été réfractaire aux écoles supérieures privées, car ce pays est attaché à la gratuité de l’éducation et à son système élitiste de Grandes Ecoles – ce qui ne signifie pas que les écoles supérieures privées ne sont pas élitistes. Les écoles privées se multiplient également dans le cycle secondaire, mais dans une moindre proportion. Pourquoi les écoles supérieures privées, notamment les écoles de commerce, rencontrent un tel succès ? Le jeu en vaut-il la chandelle, autrement dit y a-t-il retour sur investissement ou arnaque ?

Les écoles de commerce, qu’est-ce que c’est ?

Les écoles de commerce en France sont des écoles supérieures dont les études se font entre deux et cinq ans. Il s’agit d’écoles privées dont les diplômes ne sont pas reconnus par l’Etat mais par les entreprises privées. Certains cursus de ces écoles de commerce s’effectuent directement après le baccalauréat en deux ou trois ans, et d’autres sélectionnent après deux années d’études supérieures et délivrent des diplômes de master.

Ces écoles sont financées par les chambres de commerce et surtout par les élèves qui payent des frais de scolarité annuels compris entre 7 000 et 12 000 euros.

Toutes les « business school » se valent-elles ?

Si les écoles de commerce ne sont pas reconnues par l’État, elles sont très appréciées des entreprises et surtout dans les pays où la culture anglo-saxonne est valorisée.

Cependant, toutes les écoles de commerce ne jouissent pas de la même reconnaissance. En effet, il y a plusieurs éléments majeurs, objectifs et subjectifs, qui déterminent cette reconnaissance, Quels sont ces critères ?

  • L’ancienneté : les écoles de commerce les plus anciennes sont généralement les plus reconnues, comme l’ESCP Europe créée en 1819 ou encore Rouen Business School qui a vu le jour en 1971.
  • Le réseau universitaire étranger : Les écoles de commerce ont la particularité de proposer des échanges universitaires internationaux. Les écoles de commerce reconnues développent ce réseau dans le monde entier et comptent des universités prestigieuses dans ce réseau.
  • Le réseau professionnel : Les meilleures écoles de commerce ont signé des partenariats avec des entreprises dont la notoriété est importante.
  • Le concours de sélection : plus la sélection est importante, plus l’école est reconnue.
  • La « réputation » : ce critère est très subjectif. Il s’agit de l’a priori que se font les recruteurs et les actifs en général. Cette réputation naît du dynamisme que l’école affiche, de ses investissements, des options novatrices qu’elle propose et des anciens élèves devenus dont la fulgurante réussite est devenue célèbre.
  • En vertu de ces critères il est possible d’établir un classement des différentes écoles de commerce. Si le top cinq est toujours tenu par les mêmes écoles, le classement des autres écoles est plutôt mouvant. En effet, le classement peut varier dès lors que ces écoles fusionnent entre elles, investissent, deviennent plus sélectives, ou concluent des partenariats prestigieux.

    Les écoles de commerce ont-elles la côte ?

    Oui, et la tendance s’accentue

    Les écoles de commerce sont de plus en plus plébiscitées pour plusieurs raisons.

    D’une part, les écoles de commerce proposent des formations relativement pluridisciplinaires et surtout tournées vers l’international. Les étudiants d’écoles de commerce réalisent tous au minimum un an à l’étranger et font des stages pour se professionnaliser et développer leur réseau.

    D’une part, ce sont des écoles calquées sur le modèle américain, c’est-à-dire que la sélection par l’argent, l’esprit de performance et la culture de la réussite sont des caractéristiques proprement anglo-saxonnes. Élèves et recruteurs sont nombreux à adhérer, voire à privilégier ce modèle, tendance à laquelle s’ajoute le corporatisme qui amène les recruteurs à privilégier les élèves qui sortent d’écoles de commerce.

    Oui, mais elles ne font pas l’unanimité

    La première critique consiste à remettre en cause la qualité des enseignements dispensés et le mode de vie.

    Ensuite, on peut regretter que les écoles de commerce pratiquent des frais de scolarité très élevés. La sélection par le prix est élitiste. Elle permet de sélectionner les élèves dont la famille possède un capital important et de sélectionner les élèves qui prennent un crédit et qui font déjà un pari sur l’avenir. A vous de mesurer le risque