Évaluation d’un fonds de commerce : comment ça marche ?

Le processus d’évaluation d’un fonds de commerce n’est pas de tout repos. Au moment de la vente ou de l’achat d’une entreprise, le prix fixé découle d’un accord entre le vendeur et l’acheteur suite à une négociation. Mais ce prix doit bien se baser sur quelque chose : c’est là qu’entre en jeu la valeur du fonds, une somme sur la base de laquelle il est ensuite possible de parlementer. Cette valeur mélange des paramètres subjectifs à des éléments objectifs. Voici plusieurs méthodes pour la calculer.

Évaluation d’un fonds de commerce : les éléments à prendre en compte

La valeur d’un fonds de commerce est la somme des valeurs des éléments incorporels dudit commerce, à savoir :

  • Son emplacement géographique ;
  • Sa réputation ;
  • Son achalandage ;
  • Sa clientèle tangible ;
  • La valeur de ses murs, déterminée par les conditions juridiques et financières du contrat de bail.

Par exemple, imaginons que vous désiriez vendre une entreprise de plomberie à Paris. Sa valeur globale sera plus importante si elle est installée dans le 16e arrondissement, qu’elle a une clientèle fidèle et tangible, et que sa valeur locative est élevée.

À ces éléments, il faut ajouter, pour atteindre à l’évaluation du fonds de commerce, l’évolution du chiffre d’affaires et les bénéfices réalisés au cours des 3 années qui précédent le calcul. Ce diagnostic permet d’établir les perspectives d’évolution de l’activité, donc les revenus qu’il sera possible d’en tirer pour les années à venir.

Il faut savoir toutefois que le stock du commerce n’est pas pris en compte dans le calcul de la valeur indicative. Il doit être valorisé séparément.

À partir de là, il existe 3 méthodes de calcul pour l’évaluation d’un fonds de commerce.

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Calcul par valorisation du chiffre d’affaires

C’est la méthode la plus couramment employée par les experts et les tribunaux, parce qu’elle donne une image fidèle du niveau d’activité auquel l’acheteur du fonds peut s’attendre. Ce calcul est relativement aisé et rapide.

Pour procéder à l’évaluation du fonds de commerce via le chiffre d’affaires, il faut être en possession des bilans des 3 dernières années et calculer une moyenne. On applique, à ces données, un pourcentage « plafond » et un pourcentage « plancher » du chiffre d’affaires, qui varient selon la nature de l’activité, en principe entre 40 et 100 %.

Vous trouverez sur cette page un indicateur de valeur des fonds de commerce. Par exemple, la valeur d’une boulangerie est évaluée entre 50 et 120 % ; celle d’un hôtel ou d’une agence de voyages, entre 30 et 120 % ; celle d’un salon de coiffure entre 60 et 140 % ; etc.

Prenons l’exemple d’un salon de beauté. Sa valeur est estimée entre 70 et 95 % du chiffre d’affaires. Son CA est en moyenne de 200 000 € sur les 3 dernières années.

Pour l’évaluation du fonds de commerce, on calcule donc :

  • 200 000 € x 70 % = 140 000 €
  • 200 000 € x 95 % = 190 000 €

Calcul par total des actifs disponibles

Cette méthode d’évaluation du fonds de commerce consiste à additionner la totalité des actifs. Ceux-ci se divisent en deux catégories : les actifs immobilisés et les actifs circulants.

  • Actifs immobilisés : il s’agit du matériel, des machines, de l’outillage, des brevets, des équipements, des constructions, etc. ; mais aussi des participations dans d’autres sociétés ou les filiales. L’estimation est faite sur la valeur nette comptable, sauf si cette dernière est nulle, auquel cas il faut prendre en compte la valeur du marché.
  • Actifs circulants : il s’agit des créances clients, des placements financiers à court terme, mais aussi du stock de marchandises, qui est évalué à part. Cette évaluation prend en compte la vitesse de rotation du stock, de sorte que les marchandises plus anciennes se voient appliquées une décote.

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Calcul par valorisation de la rentabilité

L’intérêt de cette méthode d’évaluation d’un fonds de commerce, c’est de pouvoir déterminer à l’avance si la rentabilité sera suffisante pour dégager le salaire du chef d’entreprise, un résultat net et des dividendes. L’acquéreur doit également pouvoir rembourser son emprunt et constituer son capital.

Il s’agit ici de s’occuper du résultat comptable de la société afin de quantifier les montants des revenus, ainsi que l’existence de charges d’amortissements et de charges d’intérêts d’emprunt. Le but, c’est de déterminer non pas seulement le chiffre d’affaires, mais le bénéfice global que peut dégager l’entreprise.

Ce bénéfice est ensuite pondéré par un coefficient (généralement entre 3 et 5) qui fixe ainsi la valeur du fonds. Tout ce qu’il faut savoir sur cette méthode se trouve dans cet article. Vous pouvez également jeter un œil à cette vidéo :

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