Comment se porte l’exportation des entreprises françaises ?

Les exportations françaises se portent bien, merci : l’année 2015, avec ses augmentations globales, a redonné le sourire à tout le monde. Toutefois, la bonne santé de la vente à l’international ne profite pas de façon égale à toutes les entreprises hexagonales, et ce sont surtout les grands groupes qui enregistrent les meilleurs chiffres, quand les PME, elles, craignent encore de se lancer. Pour les pousser à tenter l’aventure, le gouvernement est parti à l’offensive avec un programme d’aides publiques et une nouvelle mise en lumière du principe salvateur de l’assurance crédit.

Comment les entreprises françaises brillent à l’international

L’année 2015 fut bonne pour les exportations françaises : c’est le bilan du commerce extérieur, présenté en début d’année (à lire ici), qui le dit. Non seulement les exportations ont connu une forte hausse, à +4 % par rapport à l’année précédente, pour un montant total de 455 milliards d’euros ; mais en outre, on note une progression de la quantité d’entreprises exportatrices, avec 125 000 entités qui ont vendu à l’étranger (+3,1 %).

Même s’il faut relativiser ces chiffres en précisant notamment que ces 125 000 entités ne concernent en réalité que 110 000 entreprises et leurs filiales, les nouvelles sont plutôt encourageantes. Surtout si l’on considère l’autre excellent point de ce bilan : les opérateurs de petite taille (TPE) ont été les acteurs majeurs de cette hausse du nombre d’entités exportatrices, avec +4,5 %, mais pour une valeur relativement minime.

Une exportation dominée par les grands groupes

Toutefois, il faut préciser que cette bonne santé de l’exportation française dissimule d’importantes disparités entre les grands groupes et les petites et moyennes entreprises. De fait, seulement 1 % des entreprises hexagonales concentrent jusqu’à 97 % de l’exportation et 65 % de la valeur ajoutée, selon une étude de l’Insee, comme on peut le lire dans cet article.

De sorte que les petites entreprises exportent bien et en grand nombre – elles représentent pas moins de 96 % des entités exportatrices – mais pour une faible valeur globale. Le constat devient encore plus ambivalent à mesure que l’on creuse : si les grands groupes exportent en majorité, les petites et moyennes entreprises, elles, sont loin d’atteindre 100 % de leur potentiel.

Ainsi, on observe que seulement un tiers des PME françaises exportent des marchandises ; et quand elles le font, elles limitent leur champ d’action à l’Union européenne, voire aux pays limitrophes (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie). Cette tendance se vérifie par ailleurs auprès des PME de la plupart des pays européens, qui souffrent de la même disparité entre grands et petits opérateurs.

Les raisons de ce manque d’entrain des PME pour l’export ? Citons les 4 principales :

  • La difficulté de mettre en place des moyens administratifs et logistiques efficaces ;
  • Les craintes liées aux risques de non-paiement (et la méconnaissance du système de l’assurance crédit) ;
  • Le manque de savoir-faire ;
  • Les coûts importants générés par l’export.

Ce sont précisément les points que le gouvernement français a pris à bras le corps pour favoriser l’export des entreprises hexagonales.

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Assurance crédit, aides publiques : les moyens d’une exportation sereine

Il est aisé de comprendre pourquoi les grands groupes exportent plus, et mieux, que les entreprises de petite taille : ils ont les reins plus solides et une trésorerie plus conséquente. Pour une petite structure, les problèmes d’investissement, de logistique et de technicité, ainsi que les retards de paiement, peuvent avoir des conséquences fatales. L’État français tente de résoudre ces obstacles à l’aide de l’assurance crédit et d’une politique d’offensive pour l’export.

  • L’assurance crédit est une garantie à l’export proposée par la Coface, un organisme qui développe des protections visant à soutenir les exportations françaises pour le compte de l’État. Le principe de l’assurance crédit est simple : contre une prime d’assurance, une entreprise est sûre de pouvoir récupérer tout ou partie d’un impayé, même si celui-ci émane d’un client étranger.
  • L’offensive pour l’export est un programme d’aides publiques lancé par le gouvernement, et porté par le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, dont le but est d’établir des stratégies ciblées par familles de produits et de fédérer les entreprises exportatrices dans leur quête de clients potentiels à l’étranger.

Le pari du gouvernement est clair : aider les entreprises à exporter permettra de rééquilibrer la balance extérieure et apportera, in fine, plus de sous dans les caisses de l’État. C’est le principe du gagnant-gagnant, comme dirait l’autre. L’assurance crédit vient appuyer cette volonté en proposant un cadre sécurisé aux entreprises les plus fragiles sur le plan international.

 

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