Pourquoi les jeux de société ne passeront jamais de mode

Comme cadeau à placer sous le sapin pour Noël ou comme compagnon des soirées entre amis ou en famille, les jeux de société restent une valeur sûre. Monopoly et Scrabble sont des vieillards qui survivent coûte que coûte aux progrès technologiques de l’univers du jeu. Comment expliquer qu’ils ne passent jamais de mode ?

Le jeu de société en chiffres

Malgré la déferlante des jeux vidéo sur consoles et ordinateur, et le pouvoir grandissant de l’Internet (et notamment des jeux vidéo massivement multi-joueurs qui s’y développent), les jeux de société résistent toujours. Irréductibles, ils défendent une place qui ne leur a jamais réellement été disputée, tant ils sont inscrits dans notre héritage génétique.

Selon un sondage Opinionway de novembre 2014, 40% des Français citent le jeu de société en tête de leurs loisirs ludiques. Devant les jeux en plein air et les jeux communautaires sur internet (25% chacun), et devant les jeux vidéo (23%).

En 2013, les ventes ont augmenté de 5% (selon une étude du cabinet NPD), pour un chiffre d’affaires évalué à 343 millions d’euros. La France est le premier marché d’Europe avec 20 millions de boîtes vendues. 87% des ventes de jeux concernent des jeux de plateau, type Monopoly ; et 63% de ces ventes se font en novembre/décembre, soit juste avant les fêtes de Noël.

Le goût de jouer en société

Ces sondages et études le prouvent : le monde devient peut-être de plus en plus individualiste, mais les Français préfèrent toujours jouer ensemble. Comme leur nom l’indique, les jeux de société offrent l’occasion de privilégier la relation humaine plutôt que la pratique solitaire du divertissement.

Le plus incroyable, c’est qu’ils parviennent à résister aux assauts répétés du jeu vidéo, leur plus grand concurrent. En réalité, les deux secteurs ne se sont jamais marché dessus car ils répondent à des pratiques différentes : le jeu vidéo est d’abord un loisir solitaire, y compris quand il s’agit de jeux communautaires qui réunissent quantité de joueurs, mais chacun seul devant son ordinateur.

En 2007, la sortie de la Wii de Nintendo a chamboulé la donne pendant un temps, parce qu’elle proposait une expérience de jeu en société autour de l’écran. Mais ces remous ont été temporaires, et l’économie des jeux de société est redevenue un long fleuve tranquille.

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Un monde qui ne change presque pas

L’une des forces du jeu de société réside dans sa stabilité : les jeux qui occupent le Top 10 des ventes font partie des plus anciens et des mieux connus. Monopoly, Scrabble, La Bonne Paye, Docteur Maboul, Trivial Pursuit, Qui est-ce ?, Cluedo, Triominos (variante des dominos)… C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures.

Jeux de plateau ou jeux de cartes ; jeux de réflexion, de stratégie, de lettres et de chiffres, d’adresse ou d’assemblée ; à pratiquer avec des dés, des pions, des jetons, des billets, des cartes, un sablier ou un écran ; à jouer avec les doigts, avec la tête ou à mimer… Les jeux de société proposent des expériences multiples qui conviennent à toute la famille et à tous les âges.

Même si, dans ce petit monde qui se voue une concurrence féroce, la tendance est depuis quelques années aux jeux funs et brefs, les jeux de société n’ont rien perdu de leur attractivité et restent l’occasion d’un moment génial à plusieurs.

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Pourquoi le jeu de société ne passera jamais de mode ?

Pour toutes ces raisons :

  • Parce qu’il est l’occasion de se retrouver en famille ou entre amis ; quand il fait froid dehors et que le vent souffle ; et même quand il fait chaud sur la table de la terrasse ou du balcon
  • Parce qu’il fait pleinement partie de la culture française, comme les dés en Chine ou les échecs en Russie
  • Parce que même si ce sont plutôt les 35-59 ans qui pratiquent le plus les jeux de société, les jeunes adultes s’y mettent progressivement ; on peut dire que tout joueur, en vieillissant, en viendra à s’installer autour d’un plateau de jeu à un moment ou un autre
  • Parce que les marques sont présentes depuis des lustres et qu’elles représentent des valeurs sûres, à la fois pour jouer et pour offrir : on se dirige aisément vers l’un des trois plus grands distributeurs au niveau mondial, Hasbro, Mattel et Lego ; et vers leurs jeux les plus connus, tels le Monopoly
  • Parce que ces jeux existent depuis très longtemps et que nous connaissons tous les règles ; on peut ainsi commencer une partie immédiatement, sans avoir besoin d’intégrer des règles compliquées au préalable
  • Parce que c’est très économique : un jeu, quelques participants, et c’est parti ! Le rapport loisir/prix est excellent. Un grand format coûte environ 30/40€, soit deux fois moins cher que n’importe quel jeu vidéo sur console nouvelle génération, ou autant que trois ou quatre places de cinéma.
  • Parce que les fabricants se renouvellent constamment : Hasbro a par exemple modifié son sacro-saint Monopoly, en proposant des évolutions bien reçues (le remplacement du pion en forme de fer à repasser par un chat, après vote des internautes) ou qui, au contraire, leur ont attiré les foudres des puristes (des règles modifiées pour raccourcir les parties à 40mn)
  • Parce que les jeux s’inspirent des phénomènes de mode : Monopoly propose des déclinaisons à partir de séries TV (Game of Thrones, Les Simpson, Walking Dead), de films (Harry Potter, Star Wars, Avengers) ou de jeux vidéo (Zelda) ; de son côté, Asmodee distribue les jeux de plateau Pokémon
  • Parce que les jeux de société vivent avec leur temps : Monopoly, Scrabble, Trivial Pursuit se sont exportés sur smartphones, avec des applications qui sont d’abord un moyen de promotion. Et l’inverse est vrai aussi : Angry Birds est ainsi sorti en jeu de société traditionnel.

Rien ne semble perturber la course tranquille du jeu de société, y compris les innovations technologiques les plus récentes. La tablette ne remplacera jamais le plateau, ça, c’est quasiment certain. Le jeu de société est tellement éternel qu’il pourrait bien se débrouiller pour survivre à l’homme.

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