Faut-il souscrire à une assurance téléphone portable ?

Si vous venez d’acquérir un téléphone portable en boutique, le vendeur a certainement insisté pour vous faire souscrire une assurance spécifique. Par souci de tranquillité, a-t-il affirmé. Vous avez hésité, longuement, avant de rentrer pour réfléchir à la question, à son grand désespoir. Faut-il céder à la tentation de la facilité et signer pour des prestations qui couvrent le vol ou la casse de votre smartphone ?

Les assurances assurent-elles ?

Acheter un appareil flambant neuf et dernier cri, c’est bien. Le protéger, c’est mieux. Ca commence par l’acquisition d’une pochette résistante et d’un écran de protection, et par un comportement responsable : votre iPhone 6 à peine sorti de sa boîte, au milieu du wagon du métro, ça peut faire des envieux.

Et puisqu’on a tous envie de protéger son bien, la tentation est grande de souscrire une assurance téléphone portable. On se dit que, comme ça, on est blindé contre les aléas du quotidien. En plus, une assurance, ça ne coûte pas très cher : à partir de 5€ par mois, c’est quasiment indolore, surtout noyés dans un forfait 10 fois plus onéreux.

Sauf qu’outre son prix et sa période d’engagement (souvent une année, au moins), une assurance téléphone portable ne couvre que des cas spécifiques. Entre exclusions de garantie et conditions d’indemnisation draconiennes, c’est bien souvent après un pépin que vous découvrez ce paragraphe imprimé en petits caractères qui stipule que, non, vous n’êtes pas couverts dans telle situation.

Ce qu’il faut savoir sur l’assurance téléphone portable

Face à un vendeur qui vous propose une assurance téléphone portable, et si vous êtes intéressé par l’offre, commencez par demander à voir les conditions générales, et pas seulement le dépliant commercial. Vous y trouverez le détail des exclusions de garantie, donc de tout ce qui n’est pas couvert en cas de souci.

Ensuite, comparez le prix de l’assurance avec le coût de votre mobile. Sachant qu’un appareil neuf perd rapidement de sa valeur (encore un coup de l’obsolescence programmée ?), il est possible qu’au bout d’un an, la somme versée à seule fin d’assurance se révèle très élevée. Pensez que 5€ mensuels se transforment en 60€ euros annuels…

Ce que couvre l’assurance téléphone portable (en général) :

  • Le bris accidentel lié à un « événement extérieur » ;
  • Le vol caractérisé (avec agression, menace ou effraction) ;
  • L’utilisation frauduleuse.

Même si vous décidez de signer, il vous faut prendre quelques précautions préalables avant qu’un pépin n’advienne :

  • Notez les délais de déclaration de sinistre, assez courts (souvent 2 jours pour un vol et 5 jours pour dommage ou perte) ;
  • Vérifiez les justificatifs nécessaires (factures, numéro IMEI du téléphone, témoignages) qui vous seront demandés par l’assureur.

Bref, si vous voulez un bon conseil : commencez par refuser la proposition du vendeur et rentrez chez vous pour réfléchir à la question. L’opérateur vous donne jusqu’à un mois pour souscrire une assurance, c’est plus de temps qu’il n’en faut pour aller jeter un œil à des comparatifs sur Internet.

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L’assurance téléphone portable dans le détail

Maintenant, voyons comment les assureurs s’arrangent pour proposer des clauses d’exclusion qui leur permettent trop souvent d’éviter la prise en charge en cas de sinistre.

En cas de bris accidentel

Pour que la garantie fonctionne, il faut que l’événement soit considéré comme « accidentel », au sens où il doit être extérieur à l’utilisateur. Si vous laissez tomber votre téléphone sur le carrelage, ou dans la cuvette des WC (si ça ne vous est jamais arrivé, ne riez pas trop vite !), l’assurance ne vous indemnise pas.

Par contre, si votre appareil est posé sur une table, à la terrasse d’un café, et qu’un réacteur d’avion tombé du ciel l’écrase par inadvertance, là, c’est bon ! L’exemple est certes exagéré, mais vous constaterez peut-être qu’il n’est pas si éloigné de la réalité.

De fait, la garantie casse suscite beaucoup d’incompréhension – c’est un euphémisme. La différence entre un « événement extérieur » et un autre peut se jouer à rien : si vous êtes tombé, portable en main, mais que la chute s’est produite à cause d’une marche cassée, il faut préciser ce détail à l’assureur pour pouvoir bénéficier de l’indemnisation. Mais comment le prouver ?

Évidemment, les vendeurs se gardent bien de donner des explications claires aux clients – parce qu’ils préfèrent rester dans le flou, mais aussi parce qu’ils en ignorent eux-mêmes les détails.

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En cas de vol

Les contrats stipulent que le vol doit être accompagné d’une effraction ou d’une agression, comprendre : une menace ou une contrainte physique. Après quoi, la victime doit procéder à une déclaration de vol auprès du commissariat, déclaration à ajouter à sa demande d’indemnisation.

Cependant, à moins de présenter œil au beurre noir ou côte fêlée, comment prouver qu’il y a eu agression ou menace ? À défaut d’éléments probants, l’assureur transforme l’agression en simple perte et ne rembourse rien. Son excuse ? Se prémunir contre la fraude, pour ne pas couvrir un vol imaginaire.

L’assurance téléphone portable devient, de fait, obsolète avec les nouveaux appareils, à la fois plus coûteux et plus fragiles. Chaque nouveau modèle de téléphone, ou presque, donne lieu à des pics de sinistres : un iPhone 6 ou un Samsung Galaxy S6 sont certes plus propices à être dérobés qu’un Nokia 3210.

Or, les assureurs se méfient des fraudeurs potentiels et, en outre, au vu du prix de ces appareils (jusqu’à 700€), leur remplacement rend les contrats d’assurance (qui vont en général de 5 à 15€ mensuels) peu rentables. Surtout s’ils doivent rembourser un mobile d’une valeur de 500€ au bout de deux mois seulement.

D’où des garanties d’indemnisation très limitées, et une procédure de remboursement qui s’apparente au parcours d’Astérix et Obélix dans la maison de fous des 12 travaux.

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J’ai souscrit, et je n’aurais pas dû !

Enfin, prenons le cas où vous auriez souscrit une assurance téléphone portable, mais que vous regrettiez immédiatement votre geste. Quelles sont vos solutions ?

  • Si vous l’avez achetée par Internet, il existe un délai de rétractation de 14 jours. Il faut envoyer au site vendeur de l’assurance un courrier recommandé avec accusé de réception pour signifier votre marche arrière.
  • Si vous l’avez achetée en boutique : dans ce cas, pas de rétractation possible. Votre seule arme, c’est la résiliation ; mais cette démarche peut s’accompagner du paiement en avance des primes dues pour la durée du contrat.

En résumé, et pour paraphraser ce que disent la plupart des experts en la matière (comme sur cette page) : une assurance téléphone portable, dans 99% des cas, c’est inutile !

Si néanmoins vous préférez ne pas prendre de risques, faites attention au doublon d’assurance, comme expliqué dans cette vidéo :

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